L’état de la démocratie mondiale en 2026 demeure sous forte pression, alors que plusieurs organisations internationales alertent sur la montée de la censure numérique, de la désinformation et des restrictions des libertés civiles. Selon l’organisation Freedom House, la liberté sur Internet connaît sa quinzième année consécutive de déclin à l’échelle mondiale, touchant aussi bien les régimes autoritaires que les démocraties considérées comme stables.
En Afrique, Internet est devenu un outil central de mobilisation sociale, de dénonciation de la corruption et de participation politique des jeunes. Toutefois, plusieurs gouvernements continuent de limiter l’accès numérique durant les périodes de tension politique. Le rapport «Freedom on the Net 2025» souligne que le Kenya a enregistré l’une des plus fortes baisses de liberté numérique après des coupures temporaires d’Internet lors des manifestations nationales de 2024.
« Les espaces en ligne sont plus manipulés que jamais, alors que les autorités cherchent à promouvoir des récits favorables et à déformer le débat public », avertit Freedom House.
Par ailleurs, des pays comme l’Afrique du Sud conservent un environnement numérique relativement libre, bien qu’ils soient confrontés à des défis liés à la désinformation en ligne, à la manipulation électorale et à la surveillance numérique. Pendant ce temps, au Soudan et en Éthiopie, les conflits armés et l’instabilité politique continuent d’affecter l’accès à l’information et les droits fondamentaux.
Le dernier indice de démocratie de l’Economist Intelligence Unit (EIU) indique que, malgré certains signes de stabilisation démocratique en 2025, des fragilités institutionnelles et une influence autoritaire croissante persistent dans plusieurs régions du monde. « Des manifestations de la Génération Z réclamant davantage de responsabilité des gouvernements en Asie et en Afrique subsaharienne jusqu’à l’érosion marquée des libertés civiles et du fonctionnement gouvernemental aux États-Unis, le risque politique demeure une force dominante et imprévisible », souligne le rapport.
Les spécialistes estiment que l’avenir de la démocratie dépendra de plus en plus de la manière dont les pays réguleront l’espace numérique, protégeront la liberté d’expression en ligne et lutteront contre les campagnes de manipulation alimentées par l’intelligence artificielle.